D-Box Technologies

Fournisseur de matériel et d’accessoires de RV – Appareils de retour haptique
Retour aux études de cas
Fondée en
1992
Locations
  • Montréal, QC
  • Los Angeles, California
  • Beijing, China
Taille de l'entreprise
120
Origines de l'entreprise

Cette entreprise de technologie de Longueuil a vu le jour comme un projet universitaire dans le but d’ajouter une couche de divertissement à l’expérience des cinéphiles. Aujourd’hui, D-BOX contribue à amplifier les plus grands succès cinématographiques qui sortent d’Hollywood.

Les origines de D-BOX sont antérieures à la dernière décennie de percées en réalité virtuelle. Les débuts de l’entreprise trouvent racine dans le secteur des enceintes. C’est en étudiant comment mieux immerger les audiences dans les films qu’ils regardaient que D-BOX a mis au point une technologie permettant de rehausser la subtilité, la précision et la chronométrie du volet audio des films. Par le suite, l’entreprise s’est rapidement mise à explorer les liens entre la musique et le mouvement.
Aujourd’hui, D-BOX a conçu ce qu’elle décrit comme un « système de mouvements à la fine pointe » qui intègre les effets de mouvement destinés expressément à une pièce de contenu visuel donnée dans une plateforme, par exemple un siège. Il en résulte que le spectateur vit une expérience qui est parfaitement synchronisée entre ce qu’il voit à l’écran et les mouvements subtils du siège dans lequel il prend place. D-BOX a conçu ses produits pour le marché du cinéma maison, mais l’entreprise jouit depuis d’un succès enviable dans le marché des salles de cinéma haut de gamme.

Favoriser la croissance

D-BOX a commencé à partager sa vision en 2009, mais nombre de studios se sont montrés initialement hésitants à adopter la technologie, car ils la percevaient comme une attrape.

Cependant, ayant à son actif des milliers de démonstrations, D-BOX était confiante que son système de mouvements représentait une valeur ajoutée pour laquelle certains auditoires seraient prêts à payer une prime pour en faire l’expérience. Cet argument a fini par plaire à des studios et à des propriétaires de salles de cinéma. Peu après, D-BOX s’est affiliée à l’importante sortie studio de la bande-annonce de The Fast and the Furious aux TCL Chinese Theatres d’Hollywood. Depuis 2010, les salles de cinéma qui font affaires avec D-BOX rapportent que, même en tenant compte de l’investissement initial requis, la technologie de D-BOX est génératrice de revenus (à hauteur d’environ 8 $ supplémentaires par billet vendu) et a pour effet de fidéliser les cinéphiles qui fréquentent leurs salles de cinéma.

À l’époque, la réalité virtuelle représentait un secteur d’intérêt et d’expérimentation pour D-BOX. Ce n’est pas avant 2015 que des clients comme Sony ont manifesté un intérêt d’expérimenter avec l’intégration du système de mouvements de D-BOX dans du contenu de RV. Un des éléments moteurs était la crainte de nausées et le sentiment que, en rehaussant la crédibilité d’un contenu donné, le système de mouvements de D-BOX réduirait les risques que des membres de l’auditoire ressentent des malaises. La possibilité qui se présentait était une pièce promotionnelle pour le film d’horreur Goosebumps. L’équipe de D-BOX a rencontré des représentants d’Oculus et de Sony pour développer une démonstration en RV pour le film – en utilisant les kiosques de D-BOX – laquelle a été présentée dans dix villes nord-américaines. La promo immersive – à laquelle plus de 20 000 personnes âgées de 6 à 76 ans se sont prêtées – s’est avérée un succès retentissant. L’engouement pour Goosebumps a donné lieu à des contrats avec Sony, Fox et d’autres studios ainsi qu’au développement d’une expérience sans précédent pour les lancements de titres à succès comme The Martian et Wild. Ainsi, la réalité virtuelle est devenue un marché vertical clé pour l’entreprise.

Facteurs de succès

Michel Paquette, vice-président du marketing de l’entreprise, attribue à plusieurs facteurs le succès général de D-BOX. Il décrit la technologie elle-même comme ayant une qualité virale. Une fois en avoir fait l’essai, il devient difficile de s’imaginer une expérience de RV qui n’intègre pas la technologie de mouvements de D-BOX. Il explique que son équipe fait pratiquement de la « magie ». Personne d’autre ne comprend mieux la science fondamentale de la chronométrie, du son et du mouvement. Ainsi, D-BOX apporte de la crédibilité et même de l’émotion à l’expérience de la RV sans jamais nuire au contenu. En même temps, D-BOX contribue à résoudre un des principaux ennuis de la RV, soit les nausées et les étourdissements causés par un phénomène qui affecte l’oreille interne.

De plus, l’entreprise a su tirer profit de ses partenaires de confiance, des salles de cinéma et des studios, dont les ententes remontent à bien avant que la réalité virtuelle ne soit un marché. Ainsi, D-BOX avait déjà fait ses preuves au moment où ces mêmes partenaires étaient à la recherche de collaborateurs dans un espace beaucoup plus incertain et expérimental. Étant donné que le paysage de la RV continue d’évoluer et de s’étendre, nombre d’entreprises ne sont tout simplement pas capables de tenir leurs promesses. D-BOX se targue de sa capacité de se mettre en branle et de livrer ce dont ses clients et partenaires ont besoin.

Perspectives d’avenir

D-BOX a réussi l’intégration de ses technologies dans des moteurs de jeux et comprend que les jeux vidéo forment une des clés pour saisir le marché de la réalité virtuelle. L’expérience de The Martian a pris la forme d’une interface en temps réel liée au moteur UNREAL, tandis qu’un autre projet avec Ubisoft est en préparation. Bien que l’entreprise soit fermement enracinée dans le cinéma, la RV représente potentiellement le prochain média. Cependant, il y a le risque que la technologie se marginalise et devienne une expérience limitée davantage aux parcs thématiques plutôt que se démocratiser et devenir une nouvelle forme de divertissement de masse. Quant au cinéma, D-BOX apporte de la visibilité et du réalisme à l’espace jeux. Alors que l’entreprise se voue principalement à la communauté des créateurs et à la narration pour l’instant, elle part aussi à la conquête d’autres marchés, dont ceux de la formation et l’éducation ainsi que de la simulation.

Parmi les difficultés prévues incluent le large éventail d’expériences de RV à l’étape expérimentale et les difficultés de prédire vers où le marché se dirigera. D’une perspective de viabilité, D-BOX préférerait que la RV devienne de plus en plus un marché de masse viable. Pour M. Paquette, une partie de l’équation est le partage des connaissances dans tout l’écosystème de la RV. À mesure que le marché gagne en importance, le besoin de meilleures pratiques et de lignes directrices croîtra, qu’il s’agisse d’aseptisation d’équipement, de vol ou de capacité de chargement.

Enfin, M. Paquette reconnaît que, bien que ses clients se trouvent principalement en Asie et à Los Angeles, « c’est toujours un avantage d’être une entreprise canadienne », car c’est ce qui permet à D-BOX de se démarquer à certains égards. Il espère voir l’écosystème canadien de la RV se développer et prospérer à court terme.