Secret Location

Studio de contenu pour de nouvelles plateformes Développement d'outils de RV.
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Fondée en
2008
Locations
  • Toronto, ON
  • New York, NY
Taille de l'entreprise
60
Origines de l'entreprise

Secret Location a été fondée en 2008 par James Milward, Ryan Andal et Pietro Gagliano. C’était un studio de développement de contenus numériques qui produisait des applis interactives et des sites Web pour divers clients médiatiques et de marque à l’échelle internationale, incluant Fox, PBS, CBC, Syfy, Sony, NBC, NFB, l’Orchestre philharmonique de Los Angeles, le Forum économique mondial, Red Bull et plusieurs autres. La qualité du travail réalisé par Secret Location est depuis longtemps reconnue par des chefs de file et des pairs au sein de l’industrie. L’entreprise a remporté plusieurs prix, dont des Webby et des prix à Cannes Lions ainsi que le tout premier Primetime Emmy décerné à une expérience de RV en 2015 pour Sleepy Hollow: The VR Experience.

L’équipe de Secret Location a commencé à expérimenter avec la RV en 2013, sur une première trousse de développement pour l’Oculus Rift, et a accouché de son premier projet de RV en 2014, pour le compte de VICE et de la Columbia School of Journalism (regard sur le conflit israélo-palestinien). D’autres projets de RV ont suivi, dont Sleepy Hollow. En 2016, eOne, une multinationale médiatique sise à Toronto, s’est portée acquéreuse de la totalité des actions de Secret Location après y avoir investi de ses capitaux propres en 2014.

Un modèle d’entreprise axé sur le contenu

Secret Location a depuis réorienté son modèle d’entreprise, pour délaisser les frais de client/de service au profit de la création et la monétisation de propriété intellectuelle originale destinée au marché mondial. Comme le dit si bien Milward, « du contenu à vendre plutôt que du travail à la commande ». Secret Location a entamé cette réorientation après que l’équipe est arrivée à la conclusion que ses capacités de scénarisation étaient autant recherchées que ses capacités technologiques. Par conséquent, l’entreprise était appelée à participer davantage à des partenariats fondés sur le contenu plutôt qu’à des mandats de type agence. eOne a fourni les ressources nécessaires pour accélérer cette réorientation, en débloquant des fonds permettant des investissements dans des équipes et du contenu original. L’entreprise mise sur un modèle axé sur le talent, la propriété intellectuelle, la scénarisation, la technologie, la capacité de financement et la clientèle. L’objectif est de percer le marché mondial de la réalité virtuelle et d’autres plateformes émergentes. De plus, Secret Location sert aujourd’hui d’incubateur interne pour un important volume de contenu en provenance d’eOne. En effet, aujourd’hui, plus de 20 projets sont en cours à divers stades d’avancement, même s’ils ne sont pas tous destinés à survivre et à être commercialisés. Secret Location a recours à plusieurs modèles de financement, y compris des investisseurs privés, des partenariats exclusifs, des ententes avec des studios et l’auto-financement de produits vendus aux consommateurs sans intermédiaire.

La technologie est le produit

Secret Location est bien positionnée, car elle emploie des équipes de création et de technologie, ce qui lui permet de développer ses propres solutions au besoin. Certaines de ces solutions sont librement partagées au sein de la communauté. Prenez l’exemple de l’approche mise de l’avant par Secret Location en matière de scénarisation de productions vidéo. Dans au moins un autre cas, celui du lancement de VUSR – sa plateforme de distribution de RV –, Secret Location « productise » une solution à l’interne. À l’instar de tous les producteurs de RV, Secret Location a dû composer avec un marché de consommation de la RV fragmenté par de multiples normes propriétaires. Pour atteindre de grands auditoires, les producteurs doivent livrer du contenu compatible avec un éventail quasi infini d’appareils et de plateformes. L’équipe dirigée par Andal a mis au point pour Secret Location une canalisation interne utilisée pour acheminer tous les composants de la RV – audio, vidéo, données et interactivité – à toutes les plateformes (iOS, Android, Facebook, YouTube/Google, Oculus, Vive, Playstation, etc.). Il est vite devenu évident que d’autres éditeurs éprouvant les mêmes difficultés seraient prêts à payer pour se procurer les logiciels de Secret Location aux fins de gérer leur propre portail de RV de marque. Ainsi est née la plateforme VUSR, permettant une « édition immersive facilitée ». VUSR est la plateforme en marque blanche sur laquelle repose tout le contenu de RV du New York Times, un pionnier de la première heure de la production de journalisme en réalité virtuelle. À l’heure actuelle, cette plateforme est commercialisée auprès d’autres éditeurs de premier calibre dans l’industrie de la RV. Andal fait valoir que les racines de producteur de Secret Location ont conféré à l’entreprise un avantage pendant le développement de son système convivial conçu pour les éditeurs. En effet, le système mis au point [par Secret Location] est beaucoup plus convivial que des systèmes concurrents mis au point principalement par des technologues (par exemple, LittlStar et le défunt VRideo).

Les défis et l'avantage Canadien

Aujourd’hui, le principal défi est la résolution de la caméra. Pour éviter des maux de tête aux usagers, la vidéo des applications de RV doit être diffusée à la résolution 4K. Le problème est que de nombreux écrans de RV (et le reste du processus) ne sont pas compatibles avec la vidéo 4K. Secret Location développe actuellement une méthode pour concentrer des pixels dans la partie principale de l’écran et ainsi produire la résolution requise. Andal appelle ça le « rendu champ de vision ».
C’est une étape vers l’atteinte de l’objectif de livrer du contenu de RV rendu en temps réel avec une pleine interactivité et une pleine capture volumétrique. Aujourd’hui, la capture vidéo sur 360° impose des limites sur les plans de l’engagement, du mouvement et de l’interactivité. Cependant, Lytro, Google, HypeVR, Intel et d’autres travaillent actuellement sur le développement de systèmes de capture vidéo cinématographique à fort champ lumineux. Ces systèmes génèrent d’immenses quantités de données et créent une profondeur de positionnement – l’équivalent d’une reproduction informatique de la capture vidéo. La manipulation de ces volumineux fichiers exigera de nouvelles solutions en matière de production, de postproduction et de distribution.
Enfin, pour assurer leur croissance et être concurrentielles dans le marché mondial de la RV, les entreprises canadiennes doivent composer avec le fait que la part du lion des capitaux d’investissement est concentrée en Californie et en Chine. De plus petits marchés comme le Canada n’ont simplement pas les reins assez solides. Le résultat peut être l’exode d’entreprises ou, comme l’a découvert Secret Location, leur acquisition par d’autres intérêts.

À la fois Andal et Milward attribuent une partie de leur succès à l’unicité de l’environnement médiatique canadien. Secret Location a bénéficié d’une aide gouvernementale considérable lui ayant permis d’expérimenter tôt avec le développement de la technologie, avant même les balbutiements d’un marché commercial. « Nous sommes chanceux de pouvoir compter sur des programmes de financement gouvernemental. Ces programmes viennent en aide aux entreprises à moyen terme en leur permettant d’élaborer leur structure financière », explique Milward. De plus, Andal souligne l’énorme impact sur les industries canadiennes du jeu vidéo et des effets visuels, lesquelles ont développé un bassin de talents de calibre mondial sur lequel les entreprises de RV et, en fait, toutes les entreprises de médias numériques peuvent compter.

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